Héritage / Fiction – La Villeneuve de Grenoble – Rétro-Prospective

Article publiée le 15 mars 2017

BazarUrbain avec ses partenaires a été retenu pour la Biennale d’Architecture de Lyon. Nous proposons de construire sur un week-end (10 & 11 juin 2017) un espace-temps où l’on questionne l’héritage de la Villeneuve de Grenoble de deux façons : par le décalage que propose le cinéma avec un dispositif multi-écrans et par le recentrage qu’imposent des échanges avec un plateau radio/vidéo permanent.

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BazarUrbain avec ses partenaires ont été retenus pour participer à la Biennale d’Architecture de Lyon.

Questionner l’utopie est une façon comme une autre d’entrer en projet. Cela renvoie à une posture d’action dans laquelle nous cherchons à perpétuer des ambitions les plus élevées pour un lieu. La Villeneuve de Grenoble construite dans les années 70 a indéniablement cette dimension utopique.

L’utopie en architecture et urbanisme traduit des motivations sociopolitiques qui trouvent dans l’expérimentation et l’innovation de l’organisation spatiale et des éléments construits une tentative de réponse. Parler d’utopie à la Villeneuve, c’est évoquer ces deux dimensions – architecturales/spatiales et sociales/politiques – aussi bien en faisant un retour sur les processus de conception originelle que sur le devenir de ce quartier aujourd’hui

Progressisme, humanisme et utopie ont joué un rôle déterminant dans la conception de la Villeneuve. L’innovation s’exprime d’abord et avant tout du côté sociopolitique à travers ce qui va être popularisé sous l’appellation dite de la « méthode de Grenoble ». Elle se traduit par le désir d’un niveau de vie amélioré, une mixité d’usages et de populations (en termes de niveau socioculturel et d’origine culturelle), les valeurs de l’État providence et une forme particulière de démocratie participative.

Comme toute expérimentation, la Villeneuve n’a pas tenu toutes ses promesses, mais pour autant l’objet patrimonial figé et assigné au passé est-il le seul héritage possible de cette utopie ?

À peine achevé, toujours questionné, déjà démonté, le projet dans son utopie première interroge encore aujourd’hui.

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Le temps d’un week-end, nous proposons de questionner cet héritage de deux façons :

  • par le décalage que propose le cinéma avec un dispositif multi-écrans où deux groupes de films se répondent, ceux concernant la Villeneuve de Grenoble, d’hier, d’aujourd’hui, et de demain, et ceux qui questionnent les utopies concrètes de l’habiter. [Samedi 10 et dimanche 11 – diffusion permanente]
  • par le recentrage que permettent des échanges avec un plateau radio/vidéo, en échos à l’expérience de la Vidéo-Gazette à la Villeneuve des années 70, que l’on peut suivre en direct et où le public peut intervenir. Le plateau est installé sur le lieu de la biennale et permet ensuite une retransmission en différé et en podcast sur Radio Campus Grenoble. [Samedi 11 de 13h30 à 18h00]

Invités : Colette Augoyard, professeur de langue, Jean-François Augoyard, philosophe, Gilles Bastin, sociologie des médias, Céline Bresson et Charlot Logan, videogazette.net, Alexandre Costanzo, philosophe, Pierre Frappat, journaliste, Demis Herenger, réalisateur, Franck Hulliard, architecte, David Humbert, architecte, Sibylle Le Vot, historienne, Steven Melemis, architecte, Jean-Michel Roux, urbaniste, Maïlys Toussaint, urbaniste, Marie Wozniak, architecte, etc.

Préparation et animation : Naïm Aït Sidhoum, Jennifer Buyck, Nicolas Tixier

Cette interrogation sur les utopies de l’habiter est prolongée par deux interventions spéciales

Une conférence-projections de Jordi Colomer [Samedi 10 juin de 18h30 à 20h00]

Jordi Colomer est né à Barcelone (Espagne) en 1962. Actuellement, il réside et travaille entre Barcelone et Paris. Son œuvre, marquée d’un fort sens sculptural, englobe de multiples disciplines et tout particulièrement la photographie et la vidéo ainsi que leur mise en scène dans l’espace d’exposition. Souvent, la création de situations relevant d’une sorte de “théâtre dilaté” permet au spectateur d’évaluer sa relation avec les représentations et avec le rôle que lui-même joue dans et face à elles. La variété de moyens que convoque l’œuvre de Jordi Colomer et la transversalité de son point de vue sont sans doute liées à sa formation plurielle d’architecte, artiste et historien de l’art, dans une Barcelone des années 80 en pleine effervescence postfranquiste. Les travaux les plus récents présentent les multiples facettes de l’utopie, de la dystopie, et de leurs rapports avec la fiction.  Son dernier projet, Join-us!, représente l’Espagne à la Biennale de Venise (2017)

Une projection du film Habitations Légèrement Modifiées, suivi d’un échange avec le réalisateur Guillaume Meigneux [Dimanche 11 juin à 15h00]

“Ils vont mettre un ascenseur dans ma cuisine, vous imaginez ? Un ascenseur ? Ils sont fous !” témoigne Mme C., 95 ans, à quelques semaines du début des travaux. Saluée depuis par la critique internationale, la rénovation de la tour Bois-le-Prêtre par les architectes Druot, Lacaton et Vassal a la particularité d’avoir été réalisée en site habité. Le film part à la rencontre de ses habitants et les suit tout au long des trois années de chantier. Par la lente mutation de ces espaces chargés d’histoires, c’est l’attachement que nous entretenons tous avec nos intérieurs qui est rendu visible.

Films en diffusion permanente

Monsieur Mars
Jean-Jacques Henry, 1972 – 24’ – 16 mm – collections Cinémathèque de Grenoble
Entretien filmé avec le gardien de nuit de la Maison de la Culture à Grenoble.

Guy Moquet
Demis Herenger, 2014, 32′ – Villeneuve la Série
Guy Moquet ou Guimo ou Guim’s a promis à Ticky de l’embrasser au crépuscule en plein milieu du quartier devant tout le monde. Peut-être pas si fou ? Mais peut-être pas si simple.

Villeneuve
Agathe Poche, 2015, 32’ – Femis
En 1972, les premiers habitants s’installent à la Villeneuve de Grenoble. Ce quartier est pensé pour que les classes sociales se mélangent et que la vie ensemble soit meilleure. À travers les archives, je me questionne sur ce dont nous avons hérité de cette époque, moi et ma génération.

Vidéogazette
Entre 1972 et 1976, des habitants du nouveau quartier de la Villeneuve à Grenoble essayèrent de produire une image originale de leur vie avec les moyens des médias audiovisuels de leur temps. Soutenus par une municipalité innovante et encadrés par une équipe de professionnels de l’image ou de l’action culturelle et éducative ils profitèrent d’une mesure dérogatoire au monopole de l’ORTF sur la télévision pour produire et diffuser chaque semaine dans leur quartier des reportages, des magazines et des émissions de débat. Cette expérience, qui prit le nom de Vidéogazette, est unique et pionnière en France. Elle prit fin en 1976.
Extraits – Restauration et montage : Maison de l’image

 

Mandataire
L’École Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble & le Collectif BazarUrbain

Membres de l’équipe
BazarUrbain : Charles Ambrosino, Suzel Balez, Marie-Christine Couic, Xavier Dousson, Karine Houdemont, Steven Melemis, Jean-Michel Roux, Nicolas Tixier, Peter Wendling
Villeneuve la série : Naïm Aït Sidhoum, Julien Perrin
Cinémathèque de Grenoble : Peggy Zejgman Lecarme, Sylvain Crobu
La maison de l’image : Céline Bresson, Logan Charlot
ENSAG : Marie Wozniak, Hélène Casalta, Antoine Blanchard-Royer, Maïlys Toussaint
ESAAA : Stéphane Sauzedde, Didier Tallagrand, Alexandre Costanzo
IUG : Jean-Michel Roux, Jennifer Buyck, Ryma Habdi

Partenaires du projet
École Supérieure d’Art de l’Agglomération d’Annecy
Institut d’Urbanisme de Grenoble
Villeneuve la Série
Cinémathèque de Grenoble
La maison de l’image
Radio Campus Grenoble

En savoir plus sur la page de la Biennale

 

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Photographie de tournage « Guy Moquet », film de Demis Herenger, 2014
Production Villeneuve la série
Photographe Renaud Menoud

Programme détaillé (PDF à télécharger)

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