Grenoble, entre pentes vivantes et milieux habités – Bastille (extra)ordinaire, Rabot en transition

Article publiée le 22 mai 2021

Dans le cadre d’Europan 16, sur le thème « Villes vivantes », Charles Ambrosino et Nicolas Tixier ont réalisé le dossier de site en coordination avec la Ville de Grenoble et l’Agence d’Urbanisme de la Région Grenobloise ainsi que la production de vidéos avec Les films de la Villeneuve.

Bastille

Stratégie urbaine

Souvent présenté comme un éperon rocheux parfaitement aligné au centre historique de Grenoble, la Bastille, fragment de montagne urbaine articulant rivière (Isère), massif (Chartreuse) et plaine urbanisée (aire urbaine grenobloise), n’en reste pas moins un espace psychologiquement distant des villes qu’il surplombe. Lieu de culture et de patrimoines, lieu touristique et de pratiques sportives, mais également lieu habité, la Bastille est tout à la fois sanctuaire, totem et espace de vie. Malgré cela, le site demeure aujourd’hui encore difficilement accessible et souffre, plus globalement, de l’absence d’un projet susceptible de valoriser son patrimoine bâti, de renouveler les façons d’habiter la pente mais également de ménager la richesse de sa biodiversité. C’est plus particulièrement le cas de sa strate intermédiaire composée de la Cité universitaire du Rabot dont le départ imminent (2023) constitue l’occasion d’une véritable transformation articulant enjeux urbain et écologique.

Définition du site

Cette strate intermédiaire se compose de trois terrasses étageant espaces publics, voiries et éléments bâtis au fort caractère patrimonial. Site privilégié de contemplation de la cuvette grenobloise, son perchement prononcé ainsi que sa géographie le rendent difficilement accessible, cela d’autant plus que la monofonctionnalité qui le caractérisait jusque-là (logement et vie étudiantes) a largement contribué à isoler ce fragment urbain du reste de la ville. En outre, les surfaces de plancher qu’offrent les bâtis existants en font un espace privilégié de renouvellement urbain et l’un des rares espaces habitables de la Bastille. Ainsi, mettre en projet ce site revient à articuler trois enjeux majeurs : son accessibilité (quelles alternatives au déplacement motorisé ?), son habitabilité (quelles pistes de programme ?), son degré d’ouverture sur la ville (quels publics ?)

Comment le métabolisme et l’inclusivité doivent-ils être développés et reliés ?

Malgré ses multiples qualités, la présence de ressources naturelles et patrimoniales exceptionnelles, et par-delà la variété des usages qu’en ont les grenoblois et les visiteurs d’aujourd’hui, la Bastille souffre de l’absence d’un récit fédérateur quant à son devenir. Dans ces conditions, comment faire advenir un projet qui contribue à un renouvellement de son image et de ses pratiques, tout en conservant sa singularité ? Quels sont les éléments disponibles à mobiliser pour asseoir un récit d’aménagement et de ménagement d’un bien commun comme la Bastille ?
Parmi les principaux attendus de ce concours la question de l’identité future du site de la Bastille en général et de sa strate intermédiaire du Rabot en particulier paraît centrale. Ainsi, les projets formulés veilleront à trouver des voies originales conciliant, articulant ou prenant partie entre les dualités qui caractérisent ce site : espace protégé / espace fréquenté, espace habité / espace visité, espace naturel / espace anthropisé, espace sanctuaire / espace d’expérimentation, espace d’apprentissage / espace ludo-récréatif, espace de flânerie / espace sportif, espace alternatif / espace institutionnel, espace accessible / espace interdit, espace intime / espace collectif, espace local / espace global… Et en définitive espace urbain / espace de montagne ?
A travers ces questionnements, la Bastille s’offre comme un lieu unique pour éprouver notre relation au vivant, mais aussi pour observer et étudier les changements globaux. Ne peut-on la voir telle une vigie des enjeux climatiques et environnementaux contemporains où la perception par le sensible, la compréhension par la mesure, l’action par l’expérimentation, le questionnement par la créativité et le partage par la discussion inviteraient à penser ensemble et non séparément le projet architectural, urbain, territorial et le dess(e)in d’une société écologique plus inclusive ?

Pour lire l’ensemble du dossier et voir les vidéos

Site proposé par ville de Grenoble
Acteurs impliqués ville de Grenoble, ville de La Tronche, ville de Saint-Martin-le-Vinoux, Grenoble-Alpes Métropole, Conseil Départemental de l’Isère, CROUS, Région Auvergne Rhône-Alpes, Parc Naturel Régional de Chartreuse et l’Agence d’Urbanisme de la Région Grenobloise
Propriétaire(s) du site ville de Grenoble et l’État français
Phase post-concours Missions d’étude et de projet sur un ou plusieurs sites mutables. Des suites opérationnelles pourront être initiées avec des partenaires

Réalisation du film de la visite : Les films de la Villeneuve