La grande traversée

Grand Genève, 2018-2019

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La Grande Traversées. A la recherche des écologies singulières de la métropole du Grand Genève.

Proposition retenue pour la consultation internationale « Visions prospectives pour le Grand Genève. Habiter la ville-paysage du 21e siècle » lancée par la Fondation Braillard. Groupement INterland, BazarUrbain, Contrepoint, Coloco + Gilles Clément, Coopérative équilibre, Ecole urbaine de Lyon + Michel Lussault

L’équipe propose une entrée par la thématique des « écologies singulières », à savoir celles qui forgent le territoire du Grand Genève (l’histoire sociale & culturelle, la géographie physique & humaine). Elle se propose de les qualifier à travers des marches exploratoires, de cartes collaboratives et de récits. Cette recherche prospective sera menée sous l’hypothèse selon laquelle il existe depuis longtemps sur le territoire franco-valdo-genevois une culture de la circularité, de la concertation et de la coopération. L’équipe projette de repérer les lieux / réseaux / processus émergents caractéristiques de cette culture et de les activer pour imaginer la forme que pourraient prendre des écosystèmes genevois en regard aux enjeux sociétaux et climatiques.

Membres de BazarUrbain impliqués dans le projet : Charles Ambrosino et Nicolas Tixier – avec ponctuellement un appel à tout ou partie du collectif pour des moments de séminaire.

Lien vers la consultation internationale

LE PROJET

Habiter le 21e siècle à l’ère de l’Anthropocène témoigne d’une double espérance, celle de penser que la prospective puisse encore ouvrir un horizon, et celle de voir notre modèle de développement profondément changer. Rien n’est assuré pour autant, si ce n’est une évolution dont on ne saurait aujourd’hui prévoir la trajectoire, mais pour laquelle nous pouvons en partie décider de faire le choix de la respon- sabilité, ou a minima parier sur ce que nous allons perdre ou gagner.

Reformuler pour inventer

Transition et planification ne sont pas ce que l’on croit

En croisant les enjeux de la « planification » avec ceux de la «transition écolo- gique», l’occasion nous est donnée de reformuler la situation dans laquelle nos sociétés organisées évoluent aujourd’hui – situation qui ne peut être réduite ni à une simple transition, ni à un simple renouveau des modes classiques de la plani- fication : il ne s’agit pas de passer d’un état que l’on jugerait destructeur, dépassé, à un autre état qui serait plus raisonné, vertueux. Le défi ne relève pas pour nous d’une forme d’adaptation, mais plus fondamentalement d’une capacité de réin- vention des écosystèmes habités désormais reconnus complexes ( eux même en évolution permanente ).

Hybrider pour explorer

Postures croisées

Combiner pratique et recherche, stratégie et action, programme et projet… c’est ouvrir des dimensions exploratoires peu communes. À travers de telles hybrida- tions, la planification est à la recherche de nouveaux cadres et méthodes pour faire émerger un projet à partir d’un contexte, prenant en compte les conjonctures et l’obsolescence des socles politiques. La pensée devient systémique, non plus linéaire, et se confronte instantanément à une réalité sociale, environnementale et économique de l’urgence climatique. Ses fondements n’en demeurent pas moins ancrés à un territoire existant, un « déjà-là » qui oblige à la relecture d’une rencontre : celle d’une géographie des contraintes et des frontières, d’une histoire des sommets et des traités, d’une place financière hors norme et d’un cadre de gouvernance unique. À première vue, peu de prédispositions pour s’engager dans une forme de transition écologique, et pourtant, il existe depuis des décennies une culture de la circularité, de la concertation, de la coopération, qu’il s’agira de repérer et d’activer, en croisant la posture de recherche et la posture de projet.

Rechercher pour concevoir

À la recherche des écologies singulières du Grand Genève

Notre équipe propose d’habiter la ville-paysage du 21e siècle en partant à la re- cherche des écologies singulières du Grand Genève. « Habiter la ville-paysage », physiquement et dans l’imaginaire, se traduira dans la méthode par la program- mation alternée de moments d’exploration collective in situ, de mise en forme et en récit, et de mise en débat des informations recueillies. « Les écologies sin- gulières », celles qui sont propres à la métropole genevoise, se traduiront dans la méthode par un triple mouvement de recherche de lieux, de réseaux et de processus inédits ou potentiels.

Le premier mouvement brasse large et cherchera à caractériser, par l’articulation entre histoire sociale et culturelle, géographie physique ( l’eau, la pente, le sol, le climat, … ) et géographie humaine ( les frontières, les migrations, … ) les écologies propres et singulières du Grand Genève – celles dont nous dirons littéralement qu’elles donnent lieu à ce territoire.

Le deuxième tentera à l’inverse de repérer ce qui n’existe qu’à peine, ce qui est encore balbutiant et qui permet pourtant d’imaginer un demain pour ce territoire. Le dernier mouvement, à l’articulation des deux premiers, explorera les change- ments ( climatiques, technologiques, économiques et culturels ) rendus possibles par la prise en compte de ce qui se joue à l’échelle mondiale, que ce soit en termes d’organisation sociale ou de gestion des impératifs environnementaux.

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