Un pont, une histoire

Haut-Grésivaudan, 2015-2016

Un pont

Cette action a été réalisée dans le cadre d’une des actions bénévoles du Rif, dont Marie-Christine Couic est un des membres actifs. Le Rif est une association curieuse qui s’intéresse aux questions patrimoniales, culturelles et citoyennes à Goncelin et plus largement dans le Haut-Grésivaudan.

En préparant, pour les Journées du Patrimoine 2015, un événement consacré au pont de l’Isère, entre Goncelin et Le Touvet, les responsables de l’Association Le Rif ne s’attendaient pas à d’aussi passionnantes découvertes ! Une « première » que le collectif a choisi de partager le dimanche 20 septembre 2015 et dans le document publié consultable ci-après.

Durant plusieurs mois, forte de son projet totalement inédit, l’Association a, en effet, fouillé durant de longues séances les archives départementales, compulsé les récits d’historiens, interrogé près d’une vingtaine de témoins, « anciens » de Goncelin et du Touvet, et même consulté les spécialistes des ponts du Conseil Départemental de l’Isère. Le résultat a dépassé leurs espérances puisqu’à travers l’histoire du pont sur l’Isère qui relie Goncelin au Touvet, c’est toute la vie des habitants des deux rives depuis plusieurs siècles – et particulièrement le dernier – qui a surgi des eaux !

Car un pont, c’est toujours une épopée. Celle de l’ouvrage lui-même bien sûr, de sa construction, de son inauguration, des intempéries qu’il a subies au cours du temps, des reconstructions nécessaires, des efforts, des compétences et des innovations qu’il a fallu – et qu’il faut toujours – développer pour le maintenir en état et l’améliorer.

Mais bien au-delà, c’est l’histoire de tout un pays – celle de la Vallée du Grésivaudan – de ses femmes et de ses hommes qui, au cours des siècles, ont souhaité un pont, l’ont emprunté, utilisé, regretté, encensé ou maudit, selon les époques. Une histoire humaine faite de liens, de rencontres, d’échanges, de tensions parfois et le plus souvent d’amitiés.

Et le pont qui, depuis le Moyen Age, enjambe l’Isère pour relier les deux rives du Haut-Grésivaudan, de Goncelin au Touvet, n’échappe pas à la règle.

C’est donc un « pont qui parle » que nous avons écouté – ainsi que toutes celles et tous ceux qui l’ont bien connu dans le siècle écoulé et dont on trouvera ici les témoignages.

Au cours de cette journée du patrimoine nous avons eu la lecture de nombreux récits de nos anciens de Goncelin et du Touvet sur la vie autour du village, du pont et de l’Isère. Ainsi cet extrait du témoignage apporté par Monsieur Grisollet :

« Le vendredi on n’achetait pas du poisson. On allait ramasser notre poisson soit dans les étangs avec des nasses, des fusettes ou au ruisseau. A la sortie de Goncelin où il y avait les deux boucheries qui jetaient leurs déchets. Vous veniez à 5 heures du matin ! C’était bleu de truites et de brochets ! Avec un bout de fil de 1 mètre de long, avec un bon couteau, vous coupiez un bois de 1, 50 m et puis voilà. Ce qu’il fallait, c’était quand le soleil se levait, que le pêcheur ne fasse pas de l’ombre… Autrement les poissons partaient ! »

«On ramassait de tout il y avait la période où les anguilles remontaient, les grenouilles… Dans la Chantourne le long du chemin de l’empereur de l’autre côté de l’Isère il y avait des écrevisses.»

C’est sûr, depuis ce moment, nous n’empruntons plus le pont tout à fait comme avant…